Anatomie, écosystème, utilité, et si on parlait du dromadaire ?

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Le désert a depuis toujours été l’un des endroits les plus fascinants au monde. Tout y est spécial, le climat en premier ! Les conditions y sont tellement extrêmes que toutes formes de vie suscitent une belle curiosité. S’il y a un animal associé au désert qui a toujours intrigué son monde, c’est bien le dromadaire. Objet parfois de polémiques, cet animal conserve toutefois son lot de mystères. Pourquoi impressionne-t-il autant ? Est-ce en raison de leurs performances hors du commun ? Ou de son apparence quelque peu effrayant ? Quoi qu’il en soit, le chameau est un animal exceptionnel que nous vous présenterons plus en détails dans cet article.

Le dromadaire vu par la science

Avant tout, il est nécessaire de lever cette équivoque sur l’éternel débat entre le chameau et le dromadaire. En réalité ces deux noms évoquent le même genre ? À la différence que le dromadaire est une espèce particulière de chameau. Originaire d’Afrique, il possède une seule bosse. L’espèce qui est couramment appelé chameau quant à lui en possède deux et est d’origine asiatique. Le dromadaire est un mammifère placentaire appartenant à la famille des Camelidae. Son nom scientifique est Camelus dromedarius. Il fait partie de l’ordre des Artiodactyles. Le dromadaire comme le cheval sont très utilisés dans les zones arides. Ils ont des avantages que leur confèrent leur anatomie. Des bijoux sont par exemples fabriqués avec des crins de cheval. La peau de dromadaire est propice à la fabrication de certains textiles. Mais avant d’approfondir le sujet, parlons d’abord de l’animal et de son anatomie.

 Présentation et anatomie

Le dromadaire peut peser entre 400 kg et 700 kg avec une taille qui se situe entre 2,5 m et 3,30 m. C’est donc un géant qui, malgré son poids, peut atteindre des vitesses avoisinant les 65 km/h. Le dromadaire est un herbivore souvent de couleur beige, sable ou encore brune. Son cri est appelé le blatèrement. Il suffit de regarder l’anatomie de cet animal pour mieux comprendre ses performances physiques. Le digitigrade sans sabots possède en effet un squelette palmaire adapté aux déplacements dans le sable.

L’autre partie importante de l’anatomie du dromadaire est sa bosse. Cette dernière est un amas de graisse qui peut atteindre la centaine de kilos pour les spécimens les plus en forme. En effet cette couche adipeuse du dromadaire lui offre sa résistance thermique. Elle est basée sur une thermorégulation étonnante. Le dromadaire est donc capable de résister à la chaleur parce que la majorité de sa masse graisseuse se concentre au niveau de la bosse. Un dromadaire peut boire jusqu’à plus de 5 litres d’eau la minute. Un mécanisme interne de régulation le dromadaire contrôle sa consommation d’eau. Il peut rester 2 à 3 semaines sans boire en saison chaude et 4 à 5 semaines en saison froide.

La bosse du dromadaire lui donne aussi une résistance remarquable à la sous-alimentation parce que représentant une réserve énergétique colossale. La présence de grosses surfaces buccales sur le dromadaire n’est pas anodine. Ses grosses lèvres lui permettent en effet de manger des plantes épineuses et d’autres feuillages agressifs pour sa peau. Avec la double rangée de cils qui se trouvent au niveau des yeux, l’animal se protège des grains de sable, mais aussi de la poussière. Ses narines sont également protégées. Pour ce qui est de son cou, il est long et courbé. Le dromadaire a par ailleurs une poitrine profonde, de quoi voir loin, et sentir à bonne distance tous les pâturages et autres points d’eau.

Ecosystème du dromadaire

Le dromadaire vit le plus souvent dans des régions désertiques et arides. On les rencontre généralement en Afrique dans le désert du Sahara, en Inde, au Moyen et proche Orient, mais également dans des régions de l’Australie et en Asie. Les dromadaires se déplacent par groupe de 6 à 20 individus dirigés par un mâle dominant. Ce camélidé se nourrit principalement de végétaux comme les herbes sèches. Les dromadaires consomment d’ailleurs environ 70 % d’arbustes et d’herbacées.

De par leurs habitudes alimentaires, ces mammifères sont considérés comme des animaux verts. Ils mangent sur une grande surface et prennent le soin de ne manger que quelques feuilles par plante. La quasi-totalité des dromadaires ont déjà été domestiqués par l’homme. Les races les plus connues de dromadaire sont le Dankali, très nombreux à Djibouti et en Ethiopie, le Méhari, le Djimel ou encore le chameau de Bactriane.

Vie gestative du dromadaire

Le dromadaire a un cycle de reproduction bien singulier. Il n’est cependant pas difficile de reconnaître un dromadaire en période d’accouplement. Les mâles sont capables de se reproduire entre 6 et 12 ans et se montrent particulièrement agressifs lorsqu’ils sont en rut. Ils ont tendance à mordre et à attaquer tout de façon permanente. Sur le plan physiologique, les dromadaires mâles qui désirent s’accoupler perdent du poids, urinent fréquemment, et bavent énormément. Ils sont d’ailleurs capables de s’accoupler trois à quatre fois par jour, pour des épisodes durant souvent une quinzaine de minutes.

Les dromadaires femelles appelés Chamelles peuvent s’accoupler entre 4 ans et 20 ans. Leur gestation dure treize mois. Une chamelle peut donner naissance jusqu’à 7 petits chamelons durant toute son existence. À la naissance les chamelons pèsent entre 25 kg et 50 kg. Certaines femelles peuvent accoucher dès 12 mois pendant que d’autres vont jusqu’à 14 mois. Après l’accouchement, le chamelon reste jusqu’à 2 ans avec sa mère pour se nourrir et apprendre les rudiments de cette nouvelle vie qui l’attend. Il consomme en moyenne entre 12 à 18 litres de lait maternel.

Utilité des dromadaires

Les dromadaires sont très utiles à l’homme et ce à bien d’égards. Sa domestication en a fait, au même titre que la vache, un excellent producteur de lait. Son lait est réputé pour être très nutritif pour l’homme et surtout riche en protéines. Le lait de dromadaire est trois fois plus riche que celui de la vache par exemple. Dans la zone subsaharienne et dans les quatre coins du monde, la viande de chameau est consommée. Une véritable industrie s’est d’ailleurs développée autour de ce qui devient une filière. L’un des usages les plus connus des dromadaires est le transport dans les zones désertiques.

Le dromadaire permet de fabriquer de nombreux objets utiles comme les fourrures, le textile et autres. Sa laine permet par ailleurs de fabriquer des tentes et des imperméables. Le dromadaire ne sert pas qu’à produire des biens de consommation. Dans certains pays, les autorités sécuritaires s’en servent pour effectuer des patrouilles. Sous d’autres cieux les capacités physiques de cet animal sont exploitées de différentes façons. Les exemples les plus parlants sont ceux du Niger où les dromadaires servent à collecter les ordures ménagères, de l’Inde ou du Kenya avec le projet Camel-Library.

Dans certaines régions les excréments de l’animal sont utilisés pour faire de la biomasse ou servent de combustibles. Les tradipraticiens utilisent en outre, l’urine de dromadaire est utilisée dans le traitement des maladies comme la sinusite, la grippe, ou le cancer. Ce n’est pas tout, en Arabie Saoudite, les dromadaires sont utilisés pour la course. Les parieurs s’en donnent d’ailleurs à cœur joie.     

Élevage des dromadaires

Leur utilité fait du dromadaire un animal très convoité. Le dromadaire est un animal généralement calme qui peut s’intégrer facilement. Il n’est donc pas trop compliqué à élever. Dans la pratique il existe plusieurs types d’élevage de dromadaires. En dehors de l’élevage traditionnel ou extensif, vous pourrez rencontrer l’élevage pastoral qui consiste à faire paître les bêtes en fonction du climat et de la saison. Les élevages modernes et semi-modernes sont les plus plébiscités parce qu’ils permettent de tirer réellement le maximum des dromadaires.

Le camélidé, sacré dans certains pays, peut contracter certaines pathologies. Il n’est toutefois pas aisé d’identifier un dromadaire malade à première vue. Il y a néanmoins quelques signes qui ne trompent pas. L’animal malade s’isole généralement du groupe, ou allonge son cou sur le sol. Dans d’autres cas, il peut respirer par séquences et garder sa bouche ouverte et parfois béante. Les pathologies couramment rencontrées chez les dromadaires sont liées à des parasites de toutes sortes. La rage, la peste bovine, la tuberculose, la salmonellose et bien d’autres sont concernés. Ils souffrent également des maladies pyogènes. Quand les dromadaires ont des entorses, des torticolis, des abcès, des inflammations ganglionnaires, ils sont soignés par application locale d’un métal chauffé à grande température. L’objectif poursuivi est en réalité de multiplier les globules blancs de l’animal dans la zone pour ainsi combattre les infections. C’est une méthode rude qui a déjà prouvé son efficacité.

 L’élevage facilite enfin l’assimilation des techniques de montage des chameaux. Il existe trois méthodes. Il s’agit de :

  • La selle touarègue ou de garrot qui se met en avant de la bosse avec un pommeau en croix ;
  • La selle maure ou de dos où le pommeau est arrondi et se pose sur la bosse ;
  • La selle arabe ou de croupe. Elle s’implante en arrière de la bosse.

En bonus : à savoir sur les dromadaires

Il y a un phénomène relatif aux dromadaires que beaucoup de personnes n’ont jamais compris. Les dromadaires sont très réceptifs aux bruits assourdissants, aux obstacles et ils ne marchent jamais droits. Les voir en caravane n’a rien d’anodin même si le phénomène semble banal. En réalité les dromadaires ne se déplacent que lorsqu’on leur donne les directives. C’est pour cela que le dromadaire de tête est souvent piloté par un chamelier qui lui indique la voie, dans une caravane. 

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